« LA ROSE ET LE RÉSÉDA » DIT PAR ARAGON

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Ce poème fut publié une première fois dans la revue Le Mot d’Ordre en mars 1943. Il fut ensuite publié de nouveau en 1944, dans un recueil intitulé La Diane française, cette fois avec la dédicace suivante : « A Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves comme à Guy Môquet et Gilbert Dru ». Ces quatre hommes étaient tous des Résistants fusillés par les Allemands.

Gabriel Péri était député communiste. Il fut fusillé en décembre 1941. Honoré d’Estienne d’Orves était officier de marine et catholique convaincu. Résistant, il fut fusillé en août 1941. Guy Môquet était le fils d’un député communiste. Agé de 17 ans, il fut fusillé en octobre 1941. Gilbert Dru était un résistant lui aussi, et catholique fervent. Il fut fusillé en juillet 1944. Il avait vingt-quatre ans.

A « celui qui croyait au ciel » et « celui qui n’y croyait pas », le sort réservé fut le même. Résistants communistes comme catholiques sont arrêtés, emprisonnés, torturés, fusillés. La dédicace faite lors de la publication de 1944 le rappelle justement. Et même si Louis Aragon n’a ajouté cette dédicace qu’après l’écriture de son poème, le résistant Gabriel Péri n’étant mort qu’en 1944 par exemple, l’auteur avait déjà en tête, en 1943, le souvenir de nombreux camarades Résistants morts pour la France, qu’ils soient communistes ou catholiques, notamment d’Estienne d’Orves, Môquet et Dru.

Le poème indique aussi les terribles conditions de détention des prisonniers dans le sixième sizain « Ils sont en prison Lequel / A le plus triste grabat / Lequel plus que l’autre gèle / Lequel préfèrent les rats » (vers 33 à 36). Surtout, il n’hésite pas à parler de la réalité de la mort et rend hommage à tous ceux tombés pour la France dans ce combat commun. « La sentinelle tira / Par deux fois et l’un chancelle / L’autre tombe qui mourra » (vers 28-30) nous raconte l’atrocité des affrontements.

Ce poème n’est pas seulement un appel au rassemblement pour la liberté ni même seulement un hommage aux résistants emprisonnés et tombés pour la France ; il porte aussi l’espoir de jours meilleurs. Du sang des résistants morts, viendra germer la vie. Ce sang « se mêle / A la terre » (vers 51-52) « pour qu’à la saison nouvelle / Mûrisse un raisin muscat » Il n’est donc pas inutilement versé. Et comme dans la mythologie, là où le sang coule, pousse une plante (là où meurt Narcisse, poussent des fleurs blanches qu’on appelle justement « narcisses »). Le raisin mûrira, on pourra donc de nouveau produire du vin et s’amuser. La joie fera suite à la douleur. De même, on dégustera des « framboises » et des « mirabelles » (vers 59). La paix, symbolisée par le « grillon » (vers 60), et le bonheur reviendront dans les foyers ; et le futur du verbe « rechantera » (vers 60) fait office de promesse.

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