19 novembre 2015 ~ Commentaires fermés

ÉMOUVANTE CÉRÉMONIE AU « CAMP JULES FERRY »

Photo de groupe de la famille de Arthur Vincent

Photo de groupe de la famille de Arthur Vincent (Clic pour grossir l’image).

L’ADIRP de l’Aube réclamait depuis un certain temps qu’une plaque soit apposée dans la cour de l’école primaire Jules-Ferry de Troyes (rue Jean-Lacoste).

Cette école fut en effet transformée en 1940 par les occupants nazis et par Vichy en un Centre d’internement pour les « refoulés du Nord » anglais et belges, juifs, communistes et autres « indésirables ». La revue « Bourse du travail » raconte cette épopée dans les deux numéros 21 et 22 de décembre 2014 et mai 2015*. La municipalité qui avait accédé à cette demande a donc permis qu’une belle cérémonie se tienne dans ce lieu en présence des enfants, de nombreux parents, des professeurs, du directeur M. Dorléat et de l’ancien directeur, M. Messain, également très impliqué.

Deux anciens internés étaient présents, Mme Léonie Konieczka, membre du bureau national de la FNDIRP et M. Vincent Arthur, d’origine anglaise, tous deux émus aux larmes. Les Allemands qui considéraient la Belgique, le Nord et le Pas-de-Calais comme zone militaire avaient arrêtés de nombreuses personnes considérées comme dangereuses : les ressortissants anglais et autres étrangers, les juifs et les communistes. On leur a donné le nom « d’expulsés » et conduit à Troyes sous bonne garde. Ils y sont restés enfermés plus ou moins longtemps selon le statut attribué. Les deux anciens internés n’étaient à cette époque que des enfants et étaient accompagnés de leur famille.

Durant cette cérémonie, le plus impressionnant fut la prestation des élèves récitant ou lisant des textes dans une parfaite synchronisation, des enfants efficaces, pertinents, rigoureux, certains disant leur texte sans la partition, c’est-à-dire le texte. C’était du Mozart frisé au petit fer, un hymne à la liberté et à la lutte qui résonnait comme un pressentiment des tueries qui allaient se produire 5 heures plus tard à Paris. François Baroin était présent pour dévoiler la plaque avec les deux témoins et en présence des notables. On pourrait regretter que la presse n’ait pas cru en faire une page historique. Les évènements parisiens en sont cause. Il serait utile qu’elle y revienne tant cet événement a été occulté pendant tant d’années.

M. Jean-Claude Bibolet, qui fut élève de cette école Jules-Ferry pendant la guerre fit une première étude historique de ce camp en 1998. Jean Lefèvre réalisa en 2014 une étude approfondie de ce camp à partir des nombreuses lettres échangées entre l’administration allemande et la préfecture de l’Aube et obtint de nouveaux témoignages qui sont reproduits dans la revue Bourse du Travail. La plaque a pour but de rappeler aux maîtres, aux élèves et à leurs parents que ce lieu fait partie de la mémoire dramatique de Troyes.

La plaque porte ces mots :
A la mémoire des Femmes, Enfants, Hommes et Vieillards,
internés dans cette école de 1940 à 1943
Certains disparurent dans les camps de concentration.

fichier pdf Documents affichés dans l’école

* Pour se procurer ces numéros : anna.zajac@sfr.fr

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